A la recherche de Don Giovanni …

Comme ils sont tous devenus sages ! Deux Don Giovanni en quelques semaines et pas un éclat, pas un scandale ! Rien que du classique, du sérieux ! Enfin presque ….
Ivo Van Howe à l’Opéra Garnier, Davide Livermore aux Chorégies d’Orange ne manquent pourtant pas d’idées. Si j’étais méchante langue, je dirais qu’ils en regorgent – non point tellement d’idées, mais d’idéologies.
Pas la même, du reste.
Pour le premier, Il Dissoluto punito ossia Don Giovanni (le titre complet de la pièce) incarnerait l’aristocratie d’Ancien régime, usant et abusant de ses privilèges. Don Ottavio représenterait ici la modernité, les Lumières, la pensée rationnelle ; Masetto, le peuple qui se lève, les futurs Sans Culotte (nous sommes en 1787).
Pour le second, Don Giovanni figurerait, tout au contraire, “l’élan révolutionnaire dyonisiaque” face au Commandeur, “l’homme réactionnaire qui gagne” : « l’idéal » contre « la certitude ». Le XVIIIème siècle, “époque des révolutions”, contre le XXième, où triompherait l’Ordre.


O divine poésie du matérialisme dialectique, – tellement dialectique qu’il se prête à deux lectures contradictoires !

Mais parlons de choses sérieuses, c’est-à-dire d’opéra, de théâtre ! Donc, avant tout, d’hommes et de femmes, à la fois chanteurs et acteurs , qui Incarnent – non des théories, mais des personnages.
C’est là que la mécanique se grippe. Qui est vraiment Don Giovanni ? Qu’est-ce qui lui passe dans la tête ou dans le cœur ? Ni l’un ni l’autre des metteurs en scène ne semble vraiment s’interesser à la question. La lecture de l’Histoire occulte la dévoilement de l’être.

Un Don Giovanni. (Etienne Dupuis) trop lisse, face à une Donna Elvira (Nicole Car) passionnée

Le Don Giovanni d’Ivo Van Howe (Etienne Dupuis) est une marionette sans âme. Revoyons sa gestuelle sur les bandes video qui circulent sur internet : on dirait le Casanova de Fellini, – un pantin stéréotypé qui ne semble jamais exprimer une émotion, un sentiment. Sa seule vérité, c’est le sexe. Une espèce de Weinstein, – pas même un libertin, : un érotomane priapique.
Par chance, Ivo Van Howe sait admirablement représenter la libido (ce qui est aujourd’hui un véritable exploit sur les scènes d’opéra : souvenons-nous d’un désastreux duo Otello-Desdémone, il y a quelques mois, à Bastille !). Le duettino avec Zerlina (Elsa Dreysig) – la ci darem la mano – est une merveille de séduction, de violence à demi consentie : qui commence à déshabiller l’autre ? Il est vrai que la jeune soprano franco-danoise (une des révélations de la soirée) témoigne, dans les bras de Masetto, du même enthousiasme érotique.

Davide Livermore, lui, réduit Don Giovanni (Erwin Schrott) aux dimensions d’un gangster, qui déboule, révolver au poing, dans un taxi jaune new-yorkais conduit par Leporello, son complice. Crissement de pneux. Enième épisode d’une série télévisée. Surgit, avec la même bande-son, une grosse berline noire, d’où sort – portière claquée – le commissaire Commandeur (ou le capo maffioso), père de Donna Anna.
Coups de feu.

Un Don Giovanni. ((Erwin Scrott) cericatural – abusivement « viril »

Invention du metteur en scène : les deux hommes (et non pas seulement le Commandeur) tombent.
« Qui est mort ? demande Leporello. Vous ou le vieii homme ? »
Et si c’était les deux ? s’interroge Davide Livermore, « dans le choc/rencontre entre l’Ancien régime, l’ancienne noblesse et l’élan révolutionnaire dionysiaque. »
Deux cadavres gisent donc, sur deux draps blancs, aux deux extrêmités du plateau (ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes de vraisemblance : faut-il croire que Don Giovanni n’est plus qu’un fantôme, un doppelgänger ?)

Livermore, comme Van Howe, ne croit qu’au sexe. Dès la première scène, notre héros rejoint Donna Anna (au moyen d’un ascenseur ! ) dans sa chambre juchée au point culminant du Mur antique. On le voit, un peu plus tard, filer des patins à la belle volage dans le dos de Don Ottavio (Stanislas de Barbeyrac), qui ne s’aperçoit bien sûr de rien. Quant à Leporello (Adrian Sâmpetrean) il bascule allègrement Donna Elvira sur les banquettes de son taxi.
On hésite entre le polar et le vaudeville. La Série noire ou Feydeau.

Dans cette tragi-comédie vouée – semblait-il – au portrait d’un homme devenu mythe, ce sont les femmes qui intéressent vraiment les deux metteurs en scène.
Admirons avec quelle délicatesse, quelle tendresse Ivo van Howe effeuille son triple bouquet à la douce odore di femmina !
Donna Anna (Jacquelyn Wagner), femme de tête et de passion, toute fureur de vengeance, « amoureuse » à tout jamais d’un seul – le Commandeur – et qui ne se donnera à personne, surtout pas à Ottavio, pâle doublure du Père (qui s’étonnera qu’elle préfère un bretteur, fût-il cacochyme, à un juriste, un discoureur, un enfileur de mots ?)

Non sperar, se non m’uccidi, / che ti lasci fuggir mai
Presque un viol : Don Giovanni (Etienne Dupuis) face à Donna Anna (Jocelyn Wagner


Donna Elvira (Nicole Car), femme de désir, folle de Don Giovanni à qui elle est prête à tout pardonner, – il faut la voir se tordre de douleur (ah ! Chi mi dice mai …) sur le balcon du premier étage, tandis que son idole, dissimulée un peu plus bas, n’exprime qu’ironie ou indifférence ; ou hurler son amour-haine (Gli vo’ cavare il cor), le visage déformé par la fureur ; ou s’effondrer pendant que Leporello (Philippe Sly) raconte les mil e tre du catalogue.
Zerlina (Elsa Dreisig), – dont Ivo Van Howe réinvente totalement le rôle : non plus soubrette effrontée, mais jeune fille en fleur découvrant sa perverse féminité : vorrei e non vorrei ….

La plus vorace de baisers, d’étreintes passionnées.

Petite ellipse, ou singulier lapsus qui en dit long sur le peu d’intérêt du metteur-en-scène pour son personnage principal : dans la fameuse scène du balcon (deh, vieni alla finestra, o mio tesoro …), Don Giovanni se dissout totalement dans les ténèbres, la serenatta est chantée hors champ, depuis les coulisses, tandis qu’apparaît au premier étage, seule dans la lumière, la délicieuse silhouette, en chemise de nuit à dentelles, de la servante convoitée par le séducteur (mais dont ni Mozart ni Da Ponte n’avaient prévu l’apparition muette).

Chez Davide Livermore, Leporello n’a pas de voix : l’air du catalogue, couvert par l’orchestre, passe quasiment inaperçu. En revanche, Adrian Sâmpetrean a de la souplesse : il n’a pas son pareil pour grimper sur le toit de son taxi et prendre la place de son maître.
Autant le Don Giovanni de l’Opéra Garnier est lisse, sans arête, toujours parfaitement cravaté, boutonné, dans ses costumes d’alpaga bien repassés (un homme d‘avant 68, à défaut d’être vraiment d’Ancien Régime), autant celui d’Orange, géant tonitruant, dépenaillé, viril au possible, affiche sa poitrine velue sous sa chemise noire toujours largement décolletée.

Lepotrello (Adrian Sâmpetrean) devant son taxi jaune

Ici aussi, les femmes mènent la danse : elles font régner leur désir, peu importe qui en est l’objet. Donna Anna (Maria Angela Sicilia), échevelée, à demi nue, n’a manifestement guère résisté aux assauts de Don Giovanni (qu’elle a pris pour Ottavio). Pas plus qu’Elvira (Karine Deshayes) à ceux de Leporello (qu’elle a sans doute confondu avec son séducteur préféré). Zerlina (Annalisa Stroppa) qui retrouve ici son rôle ancillaire, cumule sans doute les délices du matiage et celles de l’adultère. On est, plus que jamais, sans la joyeuse comédie des erreurs.

Qu’advient-il donc de l’idéologie, si clairement proclamée dans les programmes ? Ivo Van Howe réussit à s’y tenir. L’Ancien Régime revit fastueusement dans le nécrophilique bal des masques, admirablement éclairé et chorégraphié : des mannequins peuplent les escaliers et les coursives, figurant les fantômes poudrés d’une société déjà morte avant d’avoir expiré. Masetto et ses amis, vêtus de T shirts et de jeans, – armée du peuple qui mûrit sa colère – saluent le poing levé.
Davide Livermore ne cache pas sa sympathie pour son Don Giovanni « révolutionnaire dyonisiaque », qui domine toute la troupe de sa haute taille, fait virevolter les donzelles, se démultiplie sous les traits de Leporello, ne cesse de courir d’un lit à l’autre (l’échec répété, pourtant très évident dans le livret, est ici nié).
Son Masetto ne craint pas les contradictions : toujours vêtu de blanc (symbole de l’innocence ?), dans l’ample blouse que l’iconographie traditionnelle attribue aux paysans d’autrefois, chacune de ses apparitions est saluée d’une vidéo qui plaque sur le Mur d’Orange un univers de tags ou de graffitis – signature de nos banlieues d’aujourd’hui, ensauvagées.

Un même excellent ténor, Stanislas de Barbeyrac, habillé du même costume noir, incarne sur les deux plateaux Don Ottavio, le fiancé malheureux de Donna Anna. Mais qui s’intéresse à la raison raisonnante dans cet opéra de foutre et de flammes ?

Et l’enjeu « métaphysique » ? L’affrontement avec le Mal ? Le tête-à-tête avec la statue du Commandeur ? Comment jouer la scène capitale dans une version aussi laïcisée ?
L’un et l’autre metteurs-en-scène multiplient les fumerolles qui s’échappent du sol, pour bien nous faire comprendre qu’ils n’ont pas oublié l’Enfer.

Il faut ici parler du décor.
Ivo Van Howe a choisi de faire vivre tout son opéra sur une jolie piazetta italienne, inspirée tout à la fois de Chrico et de Goldoni. Trois hautes maisons, avec leurs balcons, leurs escaliers, leurs recoins secrets, alternativement illuminés ou plongés dans l’ombre, fournissent aux personnages tout un jeu de cachettes, de lignes de fuite.
Insensiblement, les trois maisons pivotent sur leur axe, présentent un nouveau profil insoupçonné.
Quand le Commandeur s’annonce enfin pour le souper final (Ta ! Ta ! Ta ! Ta !), le décor tout entier se rabat, n’offrant plus qu’un mur nu, implacable, comme celui du Procès de Kafka. Le Spectre tend la main. Don Giovanni la saisit.
Che inferno ! Che terror !
La lumière s’éteint. Une video submerge le Mur : des milliers de corps anonymes : les damnés.

Ivo Van Howe n’a pas craint d’affronter ses contradictions. La lutte des classes n’efface pas l’Enfer.

Davide Livermore est moins habile. Il est vrai qi’il n’a pas de décor : le Mur d’Orange se suffit à lui-même.
Son arme magique, c’est la lumière. Il nous fait découvrir, émerveillés, la technique du mapping, qui lui permet de réinventer totalement l’espace du théâtre. Le Mur antique ondule, se plie, se transforme en friche industrielle, en palais, en chaumière. Le buste d’Auguste Imperator, qui domine la scàne, s’anime, prend vie. Masetto et Zerlina s’étreignent dans le ressac d’une Méditerranée dont les vaguelettes frémissent à nos pieds.
Des vignettes s’affichent, qui commentent l’action, parfois la surinterprètent : pourquoi l’air du catalogue est-il illustré par des cadavres de femmes ? Livermore confondrait-il Don Giovanni avec Sade ?

Le souper tragique est escamoté, remplacé par une orgie échangiste.
Le Commandeur (que l’on croyait mort) revient, comme dans la première scène : berline noire aux vitres fumées, gardes du corps, révolver au poing.
Il tire. Don Giovanni s’écroule. La police allonge le corps sur un drap blanc, protège d’un ruban rouge la scène de l’exécution.
Simple fait divers.
« Circulez, il n’y a rien à voir ! »
Par un dernier prodige de la lumière, le Mur d’Orange tombe en poussière. Est-ce l’Enfer ?

Comme ils sont devenus sages, disais-je en prologue.
Tant de Don Giovanni reviennent aujourd’hui dans ma mémoire.

Le plus récent, mais peut-être le plus envoûtant : celui de Stéphane Braunschweig, en 2016, au Théâtre des Champs Elysées. Ce metteur-en-scène philosophe, nourri de psychanalyse, n’est pas homme à oublier, au profit de la lutte des classes ou de l’Histoire, les profondeurs de l’âme.

Tout ici se déroule sous le signe de la Mort.
Dès l’ouverture, dans une salle d’hôpital, Leporello – qui devient le personnage principal, celui qui raconte, ou qui se rappelle, ou qui se fantasme à la place de son maître – semble s’effondrer sur la dépouille de Don Giovanni. L’homme, cependant, bondit de sa couche, revit sa propre histoire, toujours poursuivi par les masques de mort. Il se drogue aux poppers, change d’époque et de costume sans cesser un seul instant de chanter. Les lits de débauche côtoient les civières de la morgue. Jusqu’au crematorium où le Commandeur le fait incinérer.
Pulsion de mort et principe de plaisir : Braunschweig connait bien son Freud.

Quand sommes-nous allés au Festival d’Aix pour voir l’ahurissant, le désopilant, le désespérant Don Giovanni de Dmitri Tcherniakov ? Etait-ce à la création en 2010 ? Ou dans sa nouvelle version en 2013 ? Mes archives sont confuses.
Pas aussi confuses que la mise-en-scène !
Tcherniakov a voulu tout réinventer. La pièce devient un mélodrame bourgeois où trois héritiers, Donna Anna, Zerlina – sa fille, Elvira – sa cousine, (sans compter Ottavio, son mari), se disputent l’héritage du Commandeur, PDG de l’entreprise familiale, qui meurt, non dans un duel avec Don Giovanni, mais écrasé par la chute de sa bibliothèque.
A moins que je ne m’embrouille, comme d’habitude, dans les relations de famille…
Don Giovanni n’est plus qu’un alcoolique maniaco-dépressif, qui plaît aux femmes un peu malgré lui et se laisse violer par Donna Anna ou Zerlina. Victime de son tempérament, jamais responsable de ses actes, toujours passif.

Un Don Giovanni alcoolique et dépressif (Rod Gilfry)

Remontons encore plus loin dans les souvenirs. Il y a tout juste trente ans, la Maison de la culture de Bobigny présentait le plus décoiffant, le plus ahurissant Don Giovanni. Peter Sellars, qui nous avait déjà stupéfiés avec son Giulio Cesare, transposait le dramma gioccoso de Mozart et Da Ponte dans le Harlem des années 70.
Don Giovanni et Leporello étaient interprétés par deux chanteurs jumeaux, Eugene et Herbert Perry, l’un et l’autre noirs. Le valet apparaissait, avec une aveuglante évidence, comme le double de son maître. Gangsters, drogue, overdoses : le libertin du XVIIIème siècle devenait un camé d’aujourd’hui.

Don Giovanni et Leporello : deux jumeaux noirs (Eugene et Herbert Perry)

A l’aube de cet été mozartien, les premières mesures de l’Ouverture, sous la baguette fougueuse et toujours précise de Philippe Jordan, m’offraient les deux thèmes alternés qui tissent la trame de l’opéra (et sans doute de ma propre vie en ses derniers éclats) : la Mort et le Jeu.
Depuis plusieurs mois, je tentais de lutter contre la menace de perdre la vue, – métaphore parfaite de la Mort : le Noir en est l’unique étendard. Dans le même temps, je m’accrochais au Gioco – le Jeu, le Plaisir – éternel et ultime charme de la vie (fût-elle octogénaire).
Sous cet éclairage, je comprends enfin pourquoi ces deux mises-en-scène, malgré leurs dérives, m’ont plongé dans un tel ravissement : elles renonçaient à percer l’énigme Don Juan. L’une l’ignore, l’autre la caricature. Elles ne s’intéressent qu’aux femmes.
Une voix, un visage, un corps : voilà ce qui, au delà même de la musique, m’hypnotise dans l’opéra. Je succombe au charme des soprano, des mezzo, des contralto, quand elles sont belles et réussissent leurs aigus les plus extrêmes ou leurs mediums les plus veloutés.
A Orange, nous étions placés trop haut, trop loin de la scène, pour que s’opère le miracle. A Garnier, nous triomphions au troisième rang de l’orchestre.

Nicole Car, la Donna Elvira d’Ivo Van Howe, avec sa courte robe écarlate, son décolleté où brille une minuscule médaille, ses jambes nues qu’elle déplie sur le balcon de sa solitude, mais aussi Jacquelyn Wagner – sa Donna Anna – en déshabillé à demi arraché par la violence du Séducteur, puis dans son fourreau noir d’orpheline (ou plutôt de veuve …), de vengeresse implacable ; Elsa Dreysig enfin, sa Zerlina, qui me fait penser à l’Albertine de Proust (celle de Balbec ou du Côté de Guermantes), – accepter ou refuser un baiser, vorrei e no vorrei – voire à la perversité de la fille de Vinteuil ; toutes les trois m’emplissent d’un bonheur inattendu, – récompense inespérée d’une trop longue attente.

Auteur : Jacques Fremontier

Parisian-born, from a good albeit ancient vintage. Usually drunk enough not to care about diplomas, ,mine or others'. I've done plenty of things and I plan do complete a few more before dinner.

2 réflexions sur « A la recherche de Don Giovanni … »

  1. Cher Jacques,  Excellent et exhaustif, merveilleux papier qui donne envie de revenir à Paris pour voir et écouter.  Ivo van Hove est partout aux Pays Bas où il présidait un gala mardi, émission estivale de trois heures à la télévision NL etc. Quel plaisir de te revoir en si grande forme. Mike

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    1. J’espère que tout va bien en Hollande et que tu enverras des photographies du prochain spectacle d’Ivo van Hove auquel tu ne manqueras pas d’aller.

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